L'on ne se souvient aujourd'hui de Mary Shelley, l'épouse de Shelley, que parce qu'elle écrivit, à l'âge de dix-neuf ans, le fameux roman Frankenstein, que d'ailleurs personne ne lit, mais dont on va voir au cinéma les adaptations plus ou moins fidèles, tout en croyant d'ailleurs que le nom même de Frankenstein désigne le monstre, alors qu'il s'agit de son créateur. Ce Frankenstein a d'ailleurs un prénom, Victor, une épouse, une famille, ce dont on ne se soucie guère. Le monstre, le monstre, tout est là!
Ce roman trop célèbre est bien l'arbre qui cache la forêt. Mary Shelley a écrit en effet six autres romans, plus une novella récemment redécouverte (1997), deux relations de voyage, des biographies d'auteurs français, italiens, espagnols et portugais, des poèmes, deux drames en vers, de nombreux contes et nouvelles. Elle a entretenu sa vie durant une vaste correspondance, aujourd'hui totalement accessible. Las! C'est toujours Frankenstein qui occupe le devant de la scène.
Il faut saluer l'initiative d'Antonella Braida à l'Université de Nancy, où elle a organisé récemment un colloque, le premier en France, entièrement consacré à Mary Shelley. D'autres aspects de son œuvre y sont heureusement abordés : la poésie, avec le long poème, "The Choice", qu'elle écrivit sur la mort de Shelley; les contes et nouvelles; les compétences linguistiques de Mary Shelley, notamment le grec et l'italien; sa collaboration aux périodiques de l'époque.
On peut aujourd'hui lire son roman Le Dernier Homme (The Last Man), en anglais ou en français, entre roman d'anticipation et dystopie, décrivant un monde dépeuplé par une épidémie de peste qui ne laisse qu'un seul survivant : elle-même, sous un nom et un sexe d'emprunt, qui se décrivait "enserrée, emmurée, claquemurée par de septuples barrières de solitude", "fermée à la lumière et à la nourriture, à tout sauf à l'enfer torride habitant mon sein". Belles et poignantes images de déréliction, dont le poème "The Choice" avait déjà donné l'exemple.
On peut aujourd'hui lire son roman Le Dernier Homme (The Last Man), en anglais ou en français, entre roman d'anticipation et dystopie, décrivant un monde dépeuplé par une épidémie de peste qui ne laisse qu'un seul survivant : elle-même, sous un nom et un sexe d'emprunt, qui se décrivait "enserrée, emmurée, claquemurée par de septuples barrières de solitude", "fermée à la lumière et à la nourriture, à tout sauf à l'enfer torride habitant mon sein". Belles et poignantes images de déréliction, dont le poème "The Choice" avait déjà donné l'exemple.
Merci pour cet article qui donne très envie de découvrir l’œuvre de Mary Shelley plus en profondeur. Je vais m'empresser de lire Le Dernier Homme...
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