William Godwin (1756-1836) n’est pas seulement l’apôtre de la
justice politique, le pourfendeur de « la vanité et l’autocomplaisance des
législateurs et des hommes d’état », le théoricien de l’anarchisme, le
louangeur de la Révolution française, le partisan de l’union libre et le dénonciateur
de la cohabitation, le flétrisseur du pouvoir héréditaire et le proclamateur de
la « misérable absurdité des titres de noblesse » ; il ne se
contente pas non plus d’être un romancier écouté et le père de l’auteur de Frankenstein,
qui lui est d’ailleurs dédié. Il est aussi fabuliste, auteur d’ouvrages
scolaires, destinés aux « enfants de trois à huit ans », comme ses Fables
Ancient and Modern, parues en 1806 et dont le succès ne se démentit point
pendant plus de trente ans (la dernière édition est de 1840, posthume). A la
fois moyen de subsistance et vocation affirmée, la « Juvenile Library »
témoigne de l’intérêt profond de Godwin pour l’enfance et de vues novatrices en
la matière. Il ne craint pas d’affirmer, dans la préface des Fables : « If
we would benefit a child, we must become in part a child ourselves ». Et l’on
sait qu’il éprouvait la force de conviction de ses livres d’enfant sur ses
propres filles !
Godwin n’hésita pas à faire complaisamment la propre
publicité de ses Fables sous la plume de sa seconde épouse Mary Jane,
laquelle traduisit les Drames pour enfants de L.F. Jauffret ; dans
une des saynètes, « The Dangers of Gossiping », on voit la
gouvernante Mrs. Mildmay se livrer à un éloge appuyé de ce « delightful
author » et de son « delightful book » :
« The peculiar excellence of
this author […] is the extraordinary art he possesses of communicating the
sources of sentiment and knowledge his lively fancy creates, in a style of
affectionate playfulness, that captivates the heart of both the parent and the
child ».
Tout en suivant, mais en élargissant Esope, dont il critique
la sécheresse, Godwin ne se fit pas faute d’écrire des fables de son cru,
dépourvues souvent de la morale pratique inhérente au genre, mais pourvues d’une
réflexion sur l’apprentissage de la sagesse et de l’aptitude à se réformer
soi-même. Je donnerai dans un prochain blog, traduite pour la première fois, la fable « The Murderer
and the Moon », dont l’argument doit appartenir à Godwin.
Tout en suivant, mais en élargissant Esope, dont il critique
la sécheresse, Godwin ne se fit pas faute d’écrire des fables de son cru,
dépourvues souvent de la morale pratique inhérente au genre, mais pourvues d’une
réflexion sur l’apprentissage de la sagesse et de l’aptitude à se réformer
soi-même. Je donnerai dans un prochain blog, traduite pour la première fois, la fable « The Murderer
and the Moon », dont l’argument doit appartenir à Godwin.
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