On ne lira plus Goethe, Schiller, Heine. On ne lira plus Der Mann ohne Eigenschaften, Der Zauberberg, Die Aufzeichnungen des Malte Laurids Brigge... Mais traduisez, que diable! Quel est ce sabir? On ne lira plus Kant, Hegel, Schopenhauer. Pour quel profit? On n'entendra plus Wachet auf, Am Abend aber desselbigen Sabbats, die Zauberflöte. Que voulez-vous dire? A quoi bon tout cela? Ainsi en a décidé une Université de province, sans doute bientôt suivie par d'autres. A quoi peuvent bien servir les Elégies de Duino dans l'entreprise, la poésie de Trakl dans l'administration, Der Prozess ou Das Schloss dans le commerce? Mais, monsieur, il s'agit d'un tout autre procès. Le russe, le chinois, l'arabe, à la bonne heure! mais l'allemand??? Un argument de poids, irréfragable, irréfutable, est tombé : l'allemand n'est pas rentable; un étudiant d'allemand coûte trop cher à former. Moins de dix inscrits, vous n'y pensez pas! Va-t-on payer un professeur pour si peu? A ajouter à la liste des langues... mortes.
Il me souvient d'un temps, déjà éloigné, où, arrivant jeune professeur dans une autre université, j'appris que la question à l'ordre du jour était la requête d'un étudiant souhaitant étudier l'hébreu. Eh bien! une chaire fut alors créée pour cet enseignement de luxe, et un professeur nommé.
Mais autres temps, autres mœurs.
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