Je m'étonnais, il y a une semaine, qu'une journée d'études fût nécessaire pour remarquer que le mou semble en perpétuel déplacement entre le solide et le liquide. Mais voici qu'une invitation m'atteint dans ma lointaine Bourgogne à "re-cartographier le sensible" et à m'attacher aux "zones inframinces de la création". Le mou, en effet, n'était pas suffisant. Il faut aujourd'hui y adjoindre la "prégnance du liquide, du marécageux, du fog, du flou". "Tout s'écoule". Et le vieil Héraclite n'en croirait pas ses yeux, en lisant qu'"il faut réécrire le code institutionnel en se coulant dans ses protocoles" et considérer "l'immédiation qui correspond au moment où l'expérimentation sensible, à force de se couler dans l'empreinte des choses, se dilue complètement dans le flux du réel". Le maître-mot est désormais : INFILTRER. L'art cherche à "infiltrer et déliter un réel déjà considéré par certains comme liquide"; et la question est aujourd'hui celle "du devenir fluide et poreux de l'œuvre d'art". Is locus restagnat, dirait ici César. Et de telles fariboles donnent furieusement envie de marcher sur la terre ferme, de laisser de côté la "logique d'invasivité perceptive et d'augmentation de la liminalité", et de relire La Princesse de Clèves, Manon Lescaut ou Dominique.
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